Un restaurateur qui cherche une alternative à Uber Eats veut, en général, trois choses : continuer à recevoir des commandes en ligne, arrêter de reverser un tiers du ticket, et récupérer la relation avec ses clients. Voici les six options réellement disponibles en France, avec leurs coûts et leurs limites.
1. Votre propre site de commande en ligne
C'est l'alternative la plus complète : un site à votre nom de domaine, avec votre carte, le click & collect, la livraison et le paiement en ligne. Le client commande chez vous, l'argent arrive sur votre compte, la commission est de 0 %. Il reste les frais de paiement (de l'ordre de 1,5 à 2 % par transaction) et, en livraison, le coût de la course.
Avantages : marge intacte, fichier clients à vous, indépendance vis-à-vis des algorithmes, référencement local sur Google. Limite : il faut faire venir les clients — c'est tout l'enjeu du lancement (flyers dans les sacs, QR codes, fiche Google, SMS). C'est le modèle que nous déployons chez nos clients ; voir le Système BungeeFood.
2. Le click & collect seul
Si la livraison ne représente qu'une petite part de votre activité, un simple module de commande à emporter, relié à votre fiche Google, suffit à sortir vos habitués des applications. Zéro logistique, zéro commission. Voir comment mettre en place le click & collect.
3. La livraison par coursiers, sans marketplace
Peu de restaurateurs le savent : il est possible de déclencher un coursier à la demande sans passer par l'application Uber Eats. Le réseau Uber Direct (et des équivalents chez d'autres logisticiens) fournit une course tarifée à la distance, pas au pourcentage du panier. Intégré à votre site, il permet de proposer la livraison avec suivi en temps réel, en gardant la commande et le client. Détails dans livrer sans Uber Eats.
4. Vos propres livreurs
Un ou deux livreurs (salariés à temps partiel ou auto-entrepreneurs) sur les créneaux du soir, avec un site qui leur attribue les commandes. Rentable dès quelques dizaines de livraisons par semaine dans un rayon de 3 à 5 km. Contrainte : la gestion humaine (absences, pics d'activité).
5. La commande par téléphone ou WhatsApp
C'est l'alternative « zéro coût » — mais elle coûte en réalité du temps de personnel, des erreurs de saisie et des impayés (pas de paiement en ligne). Elle fonctionne comme complément, pas comme canal principal. Un site de commande permet justement de rediriger ces appels vers un parcours automatisé et payé d'avance.
6. Les plateformes « à frais fixes » et marketplaces alternatives
Plusieurs acteurs proposent un abonnement mensuel ou un forfait par commande à la place d'une commission en pourcentage. Le coût est plus prévisible, mais le principe reste celui d'une marketplace : vos clients commandent sur une application qui n'est pas la vôtre, au milieu d'autres restaurants, et la relation client reste partagée. À comparer avec un site à votre nom dans notre comparatif des solutions de commande en ligne.
Comparatif rapide
| Option | Coût par commande | Clients à vous ? | Livraison |
|---|---|---|---|
| Uber Eats / Deliveroo | 25 à 36 % TTC | Non | Incluse |
| Site de commande à votre nom | ≈ 2 % (paiement) | Oui | Coursiers à la course ou vos livreurs |
| Click & collect seul | ≈ 2 % | Oui | Non |
| Marketplace à frais fixes | Abonnement + forfait | Partiellement | Selon l'acteur |
| Téléphone / WhatsApp | Temps de personnel, impayés | Oui | Vos livreurs |
La stratégie qui marche : garder l'appli pour l'acquisition, servir les habitués en direct
Aucun de nos clients n'a supprimé Uber Eats du jour au lendemain. Ils ont ouvert un canal direct, mis un flyer dans chaque sac, un QR code en salle, le lien de commande sur leur fiche Google et leurs réseaux, puis envoyé un SMS à leurs clients. En quelques semaines, une part croissante des commandes bascule en direct — « 4 000 €/mois en direct, devant Uber Eats », témoigne un snack de région parisienne.
Le calcul est vite fait : sur chaque commande basculée, ce sont 30 à 36 % du ticket qui restent chez vous. Notre simulateur vous donne le montant annuel en jeu.